SOUTH STREET

@morgane_pouillot

From desert landscapes to abundant jungle, from ochre shades to deep textures, from identity plurality to cultural diversity, Africa is a land that nourishes creatives industries: fashion, photography, beauty and design. However, the passion that some actors of the creative industries have for Africa has often been criticized for the lack of legitimacy and for the reappropriation, nay diversion of cultural and historical codes that don’t belong to them.

 Nowadays, things have changed. The digital revolution has broken boundaries and offer to many the right to speak. The misconceptions about Africa and the lack of African representation have conditioned the rise of many new voices thanks to social network. These voices belong to the new generation born in the digital age, a tech-savvy generation familiar with many cultural and artistic expressions from the most original to those more mainstream, but don’t forget their heritage. With this cultural background, they want to break free from eurocentric stereotypes and to show that Africa is more than wax and local handicraft.

 The discovery of designer Graces Wales Bonner’s works thanks to the LMVH prize set the first step for a creative wave of stylists and photographers wanting to prove that streetwear can extend out of the urban scene and become one with natural, arid, non-conformists and more lyrical landscapes. By playing with the contrasts between two contradictory worlds, this emerging wave creates a brand new African aesthetic and add to street universe another imaginary, singular and intense, where the clothes tell the origins of a story through the environment in which it integrates.

Through all its cliches, Africa’s image reveals itself in a more intimate, deeper, more familiar, more syncretic light, where the roots are mixed together with the culture of the 90s-2000s where tradition is encircled by streetwear codes. They reveal plural identities, raise questions of gender, of association and push the boundaries even further. Artisanal architecture or African no-man's land, mixed with loose and nonchalant silhouettes, diffuse on the canvas of contemplative paintings, witnesses of contemporary creolization.

Des paysages désertiques à la jungle foisonnante, des gammes de couleurs ocres aux textures les plus profondes, de la pluralité des identités à la diversité culturelle, l’Afrique est une terre plurielle qui nourrit les imaginaires créatifs, de la mode à la photo en passant par la beauté ou le design. Cependant, cette passion pour l’Afrique de la part des acteurs des industries créatives a souvent été critiqué par un manque de légitimité de prise de parole sur le sujet et de réappropriation voir de détournement de codes qui ne leur appartiennent pas forcément et dont ils ne possèdent pas tous les ressorts culturels ou historiques pour en parler.

Aujourd’hui, les choses ont évolué et la révolution digitale a explosé les frontières, offrant à beaucoup le don d’ubiquité et le droit de parole. Ces expressions biaisées de l’Afrique, son manque de représentation et l’arrivée du digital ont fait émerger de nouvelles voix. Les voix, d’une nouvelle génération, née à l’heure du 2.0, fruit de l’hybridation et de la créolisation. Une génération qui s’est ouverte au monde par le décloisonnement du digital, qui s’est familiarisé avec les expressions culturelles et artistiques de la plus singulière à la plus mainstream, mais qui n’oublie pas d’où elle vient. Avec ce bagage culturel ancré ou acquis, elle veut faire voler en éclats les stéréotypes perçus au prisme occidental et faire entendre l’idée que l’Afrique ne peut se résumer à la wax et à l’artisanat. 

La révélation de la designer Graces Wales Bonner par le prix LVMH a ouvert la voie à toute un courant créatif, des stylistes ou photographes qui ont eu envie de prouver que le streetwear peut s’extraire de son milieu urbain pour faire corps avec des paysages plus naturels, plus arides, moins conformes, plus lyriques. C’est en jouant les contrastes et la confrontation des univers antinomiques que cette nouvelle vague compose une nouvelle esthétique de l’Afrique et ajoute à l’univers du street un nouvel imaginaire, singulier et intense, où de par l’environnement dans lequel il s’intègre, le vêtement raconte, ou non, les origines d’une histoire. 

A travers ses clichés, le visage de l’Afrique se révèle sous un jour plus intime, plus profond, plus familier, plus syncrétique ou les racines flirtent sans scrupules avec la culture des années 90-00 où la tradition s’encanaille des codes du streetwear. Ils révèlent les identités plurielles, soulèvent les questions de genre, d’association et repoussent encore plus loin les frontières. L’architecture artisanale ou les no man’s land africains métissés aux silhouettes looses et nonchalantes diffusent sur la toile des tableaux contemplatifs, témoins de créolisation contemporaine.

Trend by Morgane Pouillot

caroline monastTRENDS